Le royaume de quatre murs

Qu'est-ce que la vie, aujourd'hui, 
Si ce n'est se déplacer d'un endroit à un autre ? 
D'aller d'un local à un autre local ? 
D'un enfermement à un autre ? 
Notre vie est constituée par quatre murs
Ils possèdent tous une porte pour pouvoir se déplacer 
Vers d'autres murs, et, 
Des fenêtres transparentes pour laisser 
Entrer la lumière du jour. 
Ce labyrinthe, ô combien subtile, 
Véritable dédale pour lequel tu dois apprendre 
Le chemin par cœur qui te mène d'un point à un autre 
Ne libère jamais du labyrinthe. 
Au contraire, il te laisse à l'intérieur de celui-ci. 
N'as-tu jamais eu envie de partir une bonne fois pour toutes ? 
D'aller vivre dans un endroit où il n'y aurait pas de
chemins 
Déjà tracés ni de murs déjà
présents ?
Mais une plage sans murs ni chemins à connaître, 
Juste le bruissement du ressac de l'océan pour rythme de vie ? 
Juste une forêt dense pour tailler ton propre chemin ? 
Sortir du labyrinthe, ce serait gagner la liberté

La tentation du lointain, de l'éloigné de la
réalité.

Ce serait comme à la télé sur une île
jouet. 

C'est là l'expression d'un orgueil supplémentaire
qui favorise 
La compétition laquelle a pour but la récompense. 
Rappelle-toi les contes de ton enfance 
Où le prince devait allait délivrer 
La princesse de son emprisonnement... 
Et gagner son amour en guise du combat mené...
Contre l'enfermement par la méchante, le méchant. 
Aujourd'hui, la récompense de la compétition, c'est
pouvoir. 
Alors bat-toi pour gagner aimer pouvoir ! 
Écrase les autres pour obtenir le suprême prix :
pouvoir ! 
Et tu seras le roi d'un royaume aux quatre murs 
Où tu pourras délivrer ta toute puissance sur le sofa, 
Ta femme à côté et la télécommande
à la main. 
La baguette magique que le gentil sorcier t'a vendu
Au supermarché du coin...

Le royaume de quatre murs est comme une île jouet.
On s'y amuse. 

Je bois à la source le nectar,
Et te dis : «Tchin Tchin».

2006